JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME : DISCOURS DU PREMIER MINISTRE

Le stade Biaka Boda de Gagnoa a abrité, le 8 mars 2008, la cérémonie officielle de célébration de la Journée internationale de la femme. Cette cérémonie a eu lieu en présence du Premier ministre Guillaume Soro, du chef de l\'Etat et du ministre de la Famille, de la Femme et de l\'Enfant. Ci-dessous l\'intervention intégrale du Premier ministre Guillaume Soro à cette occasion.

Monsieur le Président de la République ;

Messieurs les Présidents des Institutions ;

Madame le Ministre de la Famille, de la Femme et des Affaires Sociales ;

Mesdames et Messieurs les Ministres ;

Excellence Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs ;

Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Internationales ;

Monsieur le Préfet de la Région du Fromager, Préfet du Département de Gagnoa,

Mesdames et Messieurs les Députés ;

Monsieur le Président du Conseil Général ;

Monsieur le Maire de la Commune de Gagnoa;

Mesdames et Messieurs les Conseillers Economiques et Sociaux ;

Mesdames et Messieurs les Représentants des Partis politiques et des organisations de la Société civile ;

Honorables Chefs traditionnels et Religieux ;

Mesdames et Messieurs ;



Je voudrais me réjouir en ce jour mémorable du 08 mars 2008 d’être présent parmi vous, populations de Côte d’Ivoire mobilisées dans la cité historique du Fromager, pour qu’ensemble nous rendions un hommage mérité à nos sœurs, à nos mères, et à nos épouses.





C’est un retour aux valeurs de la tradition d’accueil et de protection qui ont toujours été celles de notre pays. Ce jour marque donc, une nouvelle étape vers cette remontée du cours de l’histoire généreuse de cette région de Gagnoa où nous sommes aujourd’hui. Un carrefour de rencontres, une terre d’accueil, un creuset de fraternité.



Notre présence ici est fortement un symbole.

Devenue désormais une tradition, la commémoration de la Journée Internationale de la Femme a certes pour objectif de rendre hommage aux femmes, mais elle constitue également une occasion de réfléchir sur la condition féminine dans le monde et particulièrement dans notre pays.



Honorables invités,

Mesdames et Messieurs,


Les femmes constituent aujourd’hui un maillon incontournable de toute approche du développement durable de nos nations. Aujourd’hui plus qu’hier, ce sont les femmes qui donnent la vie, l’entretiennent à divers niveaux et contribuent largement, par leurs sacrifices quotidiens, au bien-être de toute la société.



La femme c’est la vie. Le premier berceau de la vie.



Et pourtant, et pourtant.



Les conditions de vie des femmes demeurent encore bien précaires, à l’instar de la pauvreté qui demeure un défi pour les pays sur la voie du développement économique et social, ainsi qu’il en ressort du bilan présenté par Madame la Ministre, les femmes sont les premières victimes des crises, des mutilations génitales, des mariages forcés et de la privation de certains droits qui constituent autant d’atteintes à leur dignité et à leurs droits fondamentaux.



C’est pourquoi, célébrer la Femme, officiellement, une fois l’an, ne semble pas suffisant. Mais, le faire cependant, avec reconnaissance et éclat, est sans conteste, très louable et méritoire. Aussi, voudrais-je au nom du Gouvernement, rendre un hommage appuyé à toutes les femmes de Côte d’Ivoire et du monde, et leur exprimer notre admiration sincère ainsi que notre profonde gratitude.



En outre, avec force conviction, je souhaite que la communauté nationale et internationale, reconnaisse les mérites des femmes et leur accorde la place qui est la leur. Refusons qu’on les confine uniquement dans des tâches subsidiaires ou accessoires.



Du reste, les femmes l’ont si bien compris, qu’en l’espace d’un siècle, elles ont conquis l’égalité juridique et législative dans la plupart des pays du monde, et revendiquent désormais et à raison, l’égalité, sinon, l’équité économique, politique et sociale. A dire vrai, le 21è siècle semble avoir été le siècle de la femme, car dans plusieurs pays, et à bien des égards, elles ont conquis des citadelles longtemps réputées inexpugnables, telles : devenir présidente de la République. Quelle avancée !



Néanmoins, il reste encore beaucoup à faire de sorte que, cette égalité, dans les faits, ne concerne plus la seule élite, mais qu’elle se généralise à toutes les femmes. Aussi, est-ce à juste titre, que le thème international de cette journée porte sur « Le financement pour la promotion de l’Egalité du Genre » ; toute chose qui permettrait aux femmes de se prendre en charge, de s’assumer pleinement et de contribuer davantage au développement de nos nations respectives.



Dans cette dynamique, depuis plusieurs années, l’Etat de Côte d’Ivoire, par le truchement du Ministère en charge de la femme, conduit plusieurs actions destinées à relever les défis institutionnels, économiques et culturels en matière d’égalité des chances, de l’équité et du genre.



C’est dans cet élan, vous-même avez signé et publié une Déclaration solennelle sur l’Egalité des chances, l’Equité et le Genre comme l’a si bien rappelé ici même Madame la Ministre.



Pour ce qui me concerne, je voudrais réaffirmer à cette tribune, ma détermination et celle du Gouvernement, à œuvrer en vue de la promotion d’une société encline à l’égalité des droits et à l’équité.



Honorables invités,


Mesdames et Messieurs,



Si les femmes de Côte d’Ivoire, ont retenu pour leur part, au niveau national, le thème de « La consolidation de la paix par les femmes », en ce jour qui leur est consacré, c’est peu dire que de souligner, leur grandeur d’âme, leur conscience élevé du devoir. Quel bel exemple : SEMER L’AMOUR AUTOUR DE SOI.



C’est pourquoi, en choisissant « La guerre est finie ! » comme slogan de cette journée, les femmes, toujours à l’avant-garde du progrès et de l’apaisement, proclament-elles définitivement, la fin de cette crise qui, cinq années durant, a miné nos relations.

Il fait jour, Ivoiriennes, Ivoiriens, les femmes, vaillantes de Côte d’Ivoire ont décidé d’ouvrir une page nouvelle de fraternité et d’amour. Je les salue en votre nom. Je vous salue valeureuses combattantes pour la paix !



En proclamant que la guerre est finie, je suis persuadé, que les femmes sauront le communiquer autour d’elles, à leurs maris et à leurs enfants, ainsi qu’aux chefs des partis politiques dont elles sont les sœurs, les épouses et les mères, afin que nul n’en ignore et que, tous, s’inscrivent dans cet élan d’exorcisme collectif, et de catharsis social.



Honorables invités,

Mesdames et Messieurs,



Oui, la guerre est finie, car les femmes de Côte d’Ivoire, ont accepté de se rencontrer les 15 et 16 février dernier, à Grand-Bassam, la cité insulaire où nos Grand-mères, Mères, pionnières parmi les pionnières de la marche historique sur la prison de Grand-Bassam où, avec les mains nues, elles s’opposèrent aux brimades et injustices de l’administration coloniale inique, barbare et sauvage.



Quel courage ! C’était hier déjà. Mais c’est encore aujourd’hui où, dignes continuatrices de cette odyssée, vous avez repris le flambeau pour dire NON à la maxime latine « abyssus, abyssum, invocat » qui signifie «l’abîme appelle l’abîme». Vous avez dit OUI à la renaissance de notre pays.


Quelle noblesse !


Oui, la guerre est finie !

Vous les femmes, vous nous indiquez le chemin de l’honneur.


Quelle grandeur !


Le Président de la République et moi-même, avons signé les Accords Politiques de Ouagadougou et, nous sommes engagés avec détermination et sans faiblesse à sa mise en œuvre effective et concrète.



Un an après, la signature de l’accord politique de Ouagadougou M. le Président, après que tous les sceptiques aient prédit la mort de l’accord politique de Ouaga, nous sommes encore là.

Après que des courtisans zélés soient allés vous mettre en garde contre le Premier Ministre qui vous endort pour mieux vous porter le coup, nous sommes encore là.

Après que les mêmes courtisans soient venus me dire à moi, sous le sceau du secret que vous mûrissiez un plan d’assassinat contre ma personne, nous sommes encore là.




M. Le Président le fait que nous soyons ensemble ici à Gagnoa est la preuve que l’accord politique de Ouagadougou marche.



Un an après, M. le Président, la Côte d’ivoire fait des progrès significatifs vers la paix, l’organisation d’élections démocratiques et transparentes.



Aussi, mon vœu le plus cher est de voir se matérialiser davantage dans notre vécu quotidien l’esprit et l’espérance de l’accord politique de Ouagadougou.



A preuve, encore une fois, je suis ici à Gagnoa. Ville arc-en-ciel, la cité du fromager dont l’ombre bienfaiteur a accueilli sur son sol, tous ceux qui y sont venus. Je suis là. Me voici à Gagnoa. Moi, Sénoufo du Nord. Mais Ivoirien d’ici. C’est cela la marque déposée de la Côte d’Ivoire, notre beau et grand pays envié de tous et par tous.



La célébration de la Journée Internationale de la Femme, à Gagnoa, nouvelle Cité de la paix, en ce 08 mars 2008, est un autre symbole qui marque encore la FIN de la guerre, entre toutes les filles et fils d’une Côte d’Ivoire unie et indivisible.



Vive les femmes,




Vive la Côte d’Ivoire,



Je vous remercie.